Depuis le début de l’année, Mateusz Ziolkowski, un doctorant à l’Université de Poznan et engagé par SIGILLA, travaille sur deux documents fondamentaux pour les relations franco-polonaises : l’acte de Confédération de Varsovie et l’acte d’élection d’Henri de Valois en tant que roi de Pologne ; les deux datent de 1573. L’acte de confédération, conservé à Varsovie et qui porte 209 sceaux, a déjà fait l’objet d’une étude par nos collègues aux Archiwum Główne Akt Dawnych w Warszawie (Archives centrales des documents historiques de Varsovie) en 2003 à l’occasion de son inscription au registre du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le document d’élection, conservé aux Archives diplomatiques à La Courneuve, par contre, reste inédit. Scellé d’une centaine de sceaux, nous espérons mieux comprendre ce document rédigé quelques mois plus tard grâce au document de la confédération.
L’acte de confédération de Varsovie, daté du 28 janvier 1573 et scellé de 209 sceaux. Archiwum Główne Akt Dawnych w Warszawie, Zbiór dokumentów pergaminowych – 4467. Voir l’acte sur SIGILLA.
Le travail vient de commencer, et une transcription de l’acte d’élection a déjà été établie. Cette précieuse transcription permettra l’identification des sigillants et une meilleure compréhension du document. Au fur et à mesure, ces sigillants de la noblesse polonaise retrouveront leur place dans la base SIGILLA.
Nous tenons à remercier la Fondation Zygmunt Zaleski pour sa donation généreuse qui permet cette étude.
En mai 2025, grâce à une subvention de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons commencé la collecte des sceaux conservés aux Archives départementales (AD) du Rhône, à Lyon, en collaboration directe avec deux étudiants de l’Université Jean-Moulin Lyon 3, partenaire du projet.
Fig. 1 : 4 fiches (numérotées) de l’inventaire manuscrit des sceaux conservés aux Archives départementales du Rhône par Henri Hours.
C’est en nous basant sur le recensement des sceaux de la série G des AD (relative au clergé séculier) effectué dans les années 50 par Henri Hours, ancien conservateur des archives, que nous avons débuté cette collecte. Si le manuscrit original est malheureusement introuvable aujourd’hui, les AD en possèdent une précieuse copie, classée par ordre alphabétique des sigillants et par typologie de sceaux (sceaux en cire ; sceaux pain à cacheter sous papier ; cachets en cire d’Espagne ; bulles ; sceaux en cire pendants, plaqués, sous papier). Il y a de ça quelques années, un travail d’édition numérique dudit inventaire a été réalisée, nous offrant un tableau au format .xls très utile pour notre mission, avec dans chaque colonne les données indiquées par l’archiviste lorsqu’il les a renseignées : le sigillant, sa qualité, le lieu et la date d’émission de l’acte, la matérialité du sceau, sa description, la légende, la cote, l’état de conservation du sceau, l’annonce de l’acte et quelques observations le cas échéant – notamment sur l’état de conservation. Pour le rendre définitivement exploitable, nous avons numéroté chaque fiche du document, afin de permettre un renvoi clair dans la bibliographie SIGILLA (cf. fig. 1). Ainsi, 783 fiches composent cet inventaire. Sachant que chaque fiche peut renvoyer à un ou plusieurs sceaux, cela nous donne près de 900 sceaux référencés[1], couvrant une période allant du XIIe s. au XVIIIe s.[2] (cf. fig. 2 et 3).
Fig. 2 : fiche n°404 : description du sceau de Milon de Vaux, 1264.Fig. 3 : sceau de Milon de Vaux, 1264 (10G871, p. 1).
Partant de cette précieuse source, nous avons pu commencer la collecte. Pour plus de facilité dans la consultation des documents aux AD, le choix a été fait de trier le tableau non pas par ordre alphabétique mais par cote – Henri Hours ayant traité les cotes allant de 1G à 10G. Ainsi, boîte d’archives après boîte d’archives, acte après acte, les sceaux recensés par l’archiviste ont fait l’objet d’une étude matérielle et d’une couverture photographique. Associant les informations récoltées au milieu du XXe s. à nos observations, l’inventaire a dès lors pu être complété et, surtout, les données ont pu être intégrées de façon pérenne dans SIGILLA. À l’heure actuelle, 418 actes ont été traités et pas moins de 456 empreintes sont venues enrichir la base, sans oublier le nombre important de personnages, ecclésiastiques ou laïcs, souvent peu ou pas connus, venus enrichir les rangs des sigillants référencés.
Au fil de la collecte, différents constats ont pu être faits qui ne peuvent qu’enjoindre à continuer le recensement pour, dans le même temps, compléter l’inventaire d’Henri Hours et assurer une forme de conservation préventive des sceaux.
D’abord, compléter, en ce que l’archiviste a pris le parti, pour certaines empreintes, de ne pas les intégrer dans son inventaire. C’est notamment le cas pour nombre d’actes scellés sous papier par le Chapitre Saint-Jean de Lyon au XVIIIe s. avec une matrice identique (pour le sceau-type, voir Chapitre Saint-Jean de Lyon – sceau – 1738/1778 dans SIGILLA) ; s’il n’est pas difficile de comprendre le choix d’Henri Hours, la collecte SIGILLA, de son côté, souhaite être la plus exhaustive possible et ces empreintes font donc l’objet d’un relevé systématique. Cela nous a permis, pour le moment, de compléter l’inventaire des sceaux du Rhône avec 80 empreintes.
Par ailleurs, force est constater que l’état de conservation des sceaux n’est malheureusement pas toujours optimal. Henri Hours le notait déjà dans son inventaire avec des mentions telles que « débris » ou « manquent les ¾ », et nous ne pouvons que remarquer que bien des empreintes sont aujourd’hui plus dégradées encore. Ainsi, il est apparu comme évident de renseigner dans le tableau de travail l’état du sceau lorsqu’il était préoccupant, afin d’en faire remonter l’information au service de conservation des AD : une collaboration essentielle pour préserver, au mieux, ces sources précieuses que sont les sceaux.
Cette première phase de collecte de sceaux conservés aux AD du Rhône aura donc permis de mettre en place une vraie méthodologie de travail, en créant un outil hybride mêlant inventaire manuscrit du XXe s. et données numériques du XXIe s., d’une utilité certaine pour réaliser une moisson efficace et offrir à qui souhaiterait participer au projet une base de travail solide. Car en effet, certains de la richesse dont regorgent les AD, nous espérons continuer et mener à bien cette mission en étendant le référencement au reste des fonds qui y sont entreposés. Car, si une seule série contient plus de 900 sceaux, imaginons combien d’empreintes inédites se cachent encore dans les Archives ? À nous de le découvrir.
[1] À noter que, malgré la précision qui caractérise cet inventaire, une centaine de fiches – et donc de sceaux – n’a pas de cote associée.
[2] Exception faite d’un sceau de Charles, roi de Provence, daté de 861 (10G3125, Hours n°95, p. 24).
Heraldys est né d’une envie simple : illustrer automatiquement un armorial nobiliaire européen à partir des blasonnements des armes des familles. Nous n’avions sans doute pas pris la mesure du travail que cela demanderait ! Mais 15 ans plus tard, nous sommes heureux de faire profiter les amateurs du résultat de nos travaux. La solution, en permanente évolution, s’articule autour de 3 grands domaines :
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Afin d’être accessible au plus grand nombre, nous avons développé une librairie informatique (API) permettant aux sites partenaires d’obtenir en temps réel des dessins d’écu à partir de l’envoi de blasonnements. C’est cette Api qui est utilisée par SIGILLA pour illustrer la section « Armoiries », mais aussi par GENEANET pour illustrer la compilation d’armoriaux établie par Mr Arnaud d’Abzac.
C’est elle aussi qui donne vie à notre site HERALDYS lequel propose 4 espaces :
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