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Retour sur les Journées du Cluster 4 de Biblissima+

La semaine dernière, l’équipe HERALDIC (dont SIGILLA en fait partie) a participé aux Journées du Cluster 4 (Traitement approfondi des systèmes graphiques et analyse des documents) du programme Biblissima+. Puisque Biblissima+ dans sa forme actuelle prend fin en décembre 2026, ces journées étaient la dernière rencontre du réseau comme tel.

Et c’était une réunion qui ne décevait pas ! Autour du thème « Systèmes graphiques et communication : modélisation et annotation à l’ère numérique », l’équipe HERALDIC a pu présenter le nouvel module héraldique de la base SIGILLA – avec une reconstitution graphique des armoiries et une analyse fine des éléments para-héraldiques – aussi bien que les pistes pour notre collaboration à l’avenir. L’équipe SIGILLA a également montré le nouveau module épigraphique qui a été conçu principalement par Délia Préteux, jeune chercheuse et épigraphiste. Ce module vise une reconstruction de la légende de sceaux grâce à un compositeur et une police semi-imitative.

Le module héraldique de SIGILLA est déjà disponible pour votre consultation. Le module épigraphique sera rendu visible d’ici peu, après que les derniers aménagements du compositeur seront terminés.

Voici quelques impressions des journées et des équipes HERALDIC et SIGILLA.

60 000 empreintes sur SIGILLA !

Comme vous le savez bien, SIGILLA vise à collecter tous les sceaux conservés en France. Un défi bien grand et difficile ! Avec l’aide de nos contributeurs, chaque jour nous avançons un peu plus vers cet objectif. Hier, le 10 septembre 2026, était un grand jour pour SIGILLA puisque la base a franchi un nouveau seuil :

SIGILLA a accueilli sa 60 000e empreinte de sceau !

Il s’agit d’une empreinte de cire rouge de la Sénéchaussée royale de Poitou conservé aux Archives départementales de la Charente. Notre collaboration avec la Charente est toute neuve, et nous en sommes d’autant plus contents que ce jalon remarquable la met en valeur.

Nous prenons cette occasion pour remercier toutes nos collaboratrices et tous nos collaborateurs ! Vous donnez vie à ce projet et grâce à vous et vos contributions, la sigillographie française est mieux connue du jour au jour. Un grand merci d’au fond de nos cœurs !

Quel sera le prochain jalon atteint ?? Restez avec nous pour en savoir plus !

Journées du Cluster 4 de Biblissima+ : 9 – 11 septembre

C’est la rentrée chez SIGILLA, et l’année commence tout de suite avec des journées d’étude autour du Cluster 4 (Traitement approfondi des systèmes graphiques et analyse des documents) du programme Biblissima+.

Sur le Campus Condorcet (Aubervilliers) à l’Humathèque auront lieu des journées d’étude autour du sujet « Systèmes graphiques et communication : modélisation et annotation à l’ère numérique ».

Consacrée à la communication graphique sous toutes ses formes, cette rencontre s’articule autour de trois thèmes : modélisation, interopérabilité et outils numériques. À travers des études de cas issues de la paléographie, de l’épigraphie, de la sigillographie, de l’héraldique et de la numismatique, les participants examineront les moyens de représenter, relier et exploiter les données relatives aux systèmes graphiques et aux objets porteurs de signes, en vue de développer des ressources plus ouvertes, interopérables et conformes aux principes FAIR.

SIGILLA sera présent pour montrer nos nouveaux outils dédiés à l’héraldique et à l’épigraphie.

Vous pouvez consultez le programme provisoire ici en bas.

Une inscription préalable (gratuit) est obligatoire via ce lien : https://biblis4-2026.sciencesconf.org/registration

Au plaisir de vous retrouver sur place pour ces journées passionnantes !

Newsletter SIGILLA juillet 2026 et bel été !

Comme vous le savez peut-être, cette année 2026 est une année très importante pour SIGILLA. Il y a exactement 10 ans, en 2016, la toute première version de la base a vu le jour. Après un lancement du projet en 2013, les trois années suivantes ont été consacrées à motiver des partenaires, à concevoir une base de données relationnelle, à la faire développer, et bien sûr à collecter les premiers sceaux. Si l’on se retourne sur le travail accompli depuis dix ans, on en peut que se réjouir du succès de cette aventure scientifique collective et de la place qu’occupe désormais SIGILLA dans la recherche sigillographique internationale. Cette réussite nous vous la devons et nous vous remercions de tout cœur pour votre engagement, votre enthousiasme pour les sceaux et votre collaboration fidèle et indispensable.

Cependant, 10 ans après sa mise en ligne, SIGILLA continue à évoluer et à croître. Voici quelques activités et projets réalisés durant ce premier semestre de 2026.

La collecte en Bourgogne-Franche-Comté s’est poursuivie toute au long de l’année 2025 et jusqu’au printemps dernier avec des ateliers de saisie organisés par les Archives départementales du Doubs pour les étudiants en CMI ENPAJ de l’Université Marie & Louis Pasteur. Ces ateliers ont permis aux étudiants d’approfondir leurs connaissances sigillographiques et de faire progresser la collecte sur place. Une des étudiantes a même prolongé sa contribution SIGILLA par un stage aux archives pour effectuer. Bravo à l’équipe, continuez comme ça !

Grâce à une subvention de la région Nouvelle-Aquitaine, la collecte aux Archives départementales de la Haute-Vienne a pu se prolonger. Un jeune chercheur a été engagé jusqu’à la fin du mois de mai pour y terminer la collecte des sceaux connus. Dans le cadre d’un financement Biblissima+, il continue actuellement ses recherches sigillaires dans la région. Surveillez bien la base pour découvrir ses pépites issues des fonds de Nouvelle-Aquitaine !

Depuis septembre 2025, l’EPHE et les équipes SIGILLA et ArmmA collaborent avec la Humboldt Universität de Berlin sur un projet dédié à l’héraldique : HERALDIC – Heraldic Identity in Context. Financé conjointement par l’ANR et la DFG dans le cadre d’un appel franco-allemand, l’équipe binationale s’est réunie à Strasbourg en février 2026 pour faire le point sur le projet et discuter des prochaines étapes. Une intégration des sceaux armoriés dans le Digital Heraldry Research Environment est prévue prochainement afin de pouvoir décrire les armoiries sur les sceaux grâce à une ontologie (un thesaurus normalisé et encodé) précise qui permet le croisement des données et une meilleure analyse des éléments. L’équipe continue sa collaboration avec des réunions mensuelles en visioconférence.

Grâce à une donation de la Fondation Zaleski, SIGILLA a engagé un doctorant de l’Université de Poznan au printemps dernier pour mener une étude sur deux documents fondamentaux pour les relations franco-polonaises : l’acte de Confédération de Varsovie et l’acte d’élection de Henri de Valois (futur Henri III) en tant que roi de Pologne. Les deux actes datent de 1573 et comportent ensemble plus de 300 sceaux de la noblesse polonaise. Rendez-vous sur la base SIGILLA pour consulter ces actes et découvrir la sigillographie polonaise de l’époque moderne.

L’antenne helvétique de SIGILLA, Sigisuisse, s’épanouit. Une formation de nouveaux contributeurs a eu lieu en mars suivie par un atelier pratique de saisie à Strasbourg avec l’équipe alsacienne de SigiAl. Des collectes sont actuellement en cours aux Archives de l’Etat de Neuchâtel et aux Archives de l’Etat de Berne. Consultez régulièrement la base via le portail Sigisuisse pour découvrir toutes les nouveautés.

La collecte au sein des Archives départementales du Rhône se poursuit également. Avec l’aide de l’inventaire d’Henri Hours, une contributrice découvre les pépites sigillaires lyonnaises. Avec plus de 500 empreintes déjà saisies, l’inventaire manuscrit sera bientôt visible du public et dans son intégralité sur la base SIGILLA.

La saisie des moulages de la collection Flandre a avancé grâce aux efforts d’un stagiaire de master durant le mois de mai. Dans le cadre de son stage, il a opéré un croisement des données entre l’inventaire de Demay, les Archives départementales du Nord et le site Diplomata Belgica afin de relier les photos des moulages et à celles des empreintes (1re moitié du XIIIe siècle). La saisie n’est toutefois pas achevée ! Avis aux amateurs !

Dans le cadre du financement Biblissima+, dont SIGILLA bénéficie depuis 2022, l’équipe a présenté deux nouveaux modules lors des dernières Journées de Biblissima+ en mai dernier à Aubervilliers. Le module « épigraphie » qui s’appuie sur un clavier virtuel pour reconstruire les légendes de sceaux à partir de polices semi-imitatives sera prochainement en ligne. Le module « héraldique » qui fusionne les réalisations du site Heraldys (pour une reconstruction graphique des armoiries) avec une nouvelle fiche « Emblématique » valorise la mise en scène (para-) héraldique sigillaire est désormais actif sur la base.

Puisque ce nouveau module héraldique est déjà en ligne, la toute première formation a eu lieu à la mi-juin pour une poignée de contributeurs. Retrouvez d’ores et déjà sur la base les premières saisies de cette valorisation héraldique.

Laurent Hablot était en résidence pour un semestre de recherche aux Archives départementales des Côtes-d’Armor en 2025-2026. En plus de l’analyse et de la saisie des sceaux qui y sont conservés, il s’est chargé d’initier une dynamique de collecte dans la région : Sigi-Breizh. Ainsi, plusieurs collectes, formations et conférences ont eu lieu en Bretagne afin de mobiliser les archivistes, étudiants et publics intéressés à contribuer à la base SIGILLA.

La base SIGILLA est une base dédiée aux sceaux de l’époque médiévale jusqu’à nos jours. Dans cet esprit, la base a accueilli ses premiers sceaux très contemporains datant surtout des années 1950 et 1960. Grâce à un collaborateur travaillant au sein des Archives historiques de l’Union européenne, vous pouvez désormais visualiser les sceaux des institutions européennes telles la Cour de justice européenne ou bien le Secrétariat général du Conseil des Communautés européennes. Le sceau le plus récent sur la base date de 2009 – une preuve que l’usage des sceaux persiste toujours à nos jours. A découvrir dès maintenant !

L’antenne alsacienne de SIGILLA, SigiAl, basée à Strasbourg, poursuit sa collecte des sceaux conservés dans la région. Avec déjà plus de 14 500 empreintes saisies, le projet totalise désormais 25 % de toutes les empreintes sur SIGILLA. Ce projet en sciences participatives mobilise des volontaires de la société civile et des étudiants afin de contribuer à la collecte sur le terrain. Un beau projet qui existe depuis fin 2019. Bravo à toute l’équipe et surtout, continuez comme ça ! Vous pouvez suivre leur progrès sur son portail dédié.

Et nous voilà, à quelques jours des vacances. Nous vous remercions encore une fois pour votre soutien si précieux et vous souhaitons de très belles et reposantes vacances d’été et nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour la suite de l’aventure !

Bien cordialement, L’équipe SIGILLA – Laurent Hablot, Thomas Brunner, Catherine Kasteleiner

Les documents autour de l’élection d’Henri de Valois en tant que Roi de Pologne

  • Mateusz ZIOLKOWSKI

Suite au 450e anniversaire de l’accession d’Henri de Valois au trône polonais, l’École Pratique des Hautes Études et le projet SIGILLA, avec le soutien de la Fondation Zaleski, ont mené une étude sur des documents fondamentaux pour les relations franco-polonaises au XVIe siècle, c’est-à-dire l’acte d’élection d’Henri de Valois, duc d’Anjou (futur Henri III de France) en tant que roi de Pologne[1], l’acte de déclaration de l’élection d’Henri de Valois, duc d’Anjou au trône de Pologne[2], ainsi que des recherches supplémentaires sur l’acte de la Confédération générale de Varsovie[3] en 1573 (introduisant la tolérance religieuse dans la République des Deux-Nations), dans le but de valoriser les deux premiers actes eux-mêmes et d’approfondir notre connaissance de la sigillographie polonaise de l’époque moderne.

Cette tâche a été confié à moi, l’auteur de ce petit article, un jeune historien et doctorant polonais, Mateusz Ziółkowski. Après avoir reçu une formation historique en Pologne et en France, je me spécialise dans l’histoire de France du XVIe siècle, ses relations internationales (notamment franco-polonaises) et le milieu dynastique dans le même période.

Les documents de l’élection d’Henri de Valois au trône polonais n’ont pas fait l’objet de recherches exhaustives dans le passé. Nous ne disposons ni des transcriptions, ni des éditions de source ; le nombre de sceaux apposés sur l’acte d’élection était indiqué de manière erronée. En ce qui concerne les sceaux eux-mêmes, leur état de conservation – la majorité est visiblement protégée par des sachets de soie rouge et une petite feuille de papier au-dessus de la cire ; certains de ces sachets ont aujourd’hui disparu et rendent les sceaux lisibles, d’autres sont hélas agglomérés par la cire – rendent difficile leur étude.

Néanmoins, avec le soutien du personnel des Archives diplomatiques, nous avons mené la première phase du projet. Nous avons compté les sceaux : au total, 121 sont apposés à l’acte d’élection, dont 15 sont lisibles ; 11 sceaux sont apposés à l’acte de déclaration et tous sont lisibles. Nous avons pris des photos de tous les sceaux lisibles et l’identification des sigillants a commencé.

(c) Archiwum Główne Akt Dawnych, Zbiór dokumentów pergaminowych, 4467

Si, dans le cas de l’acte de déclaration, l’identification des sceaux n’a posé aucun problème, dans le cas de l’acte d’élection, la transcription du texte du document en cours de préparation, ainsi que le document de la Confédération de Varsovie déjà mentionné, avec ses sceaux, devaient jouer un rôle important dans ce processus. Malheureusement, comme cela n’est apparu qu’au cours des recherches, les sceaux apposés sur l’acte de la confédération ne sont eux non plus, pour la plupart, pas identifiés. Dans ces conditions, on s’est attelé à la tâche fastidieuse de déchiffrer les informations contenues sur les sceaux, en particulier les blasons, les légendes et les initiales figurant sur les empreintes.

Enfin, nous avons réussi à identifier tous les 11 sigillants de l’acte de déclaration, les sigillants des 15 sceaux lisibles figurant sur l’acte d’élection, ainsi que 53 sceaux figurant sur l’acte de la Confédération de Varsovie. Il vaut la peine de les présenter brièvement.

Le premier de ces actes, dans l’ordre chronologique, est celui de la Confédération de Varsovie, adopté le 28 janvier 1573. Puisque c’était un accord de la noblesse concernant la tolérance religieuse et l’égalité des droits des différents confessions (la crainte qu’un événement similaire au massacre de la Saint-Barthélemy ne se reproduise était une des raisons), le document était assez rarement signé par la noblesse catholique. Parmi les sigillants, on retrouve toute la noblesse, allant des princes lituaniens, aux sénateurs, jusqu’aux simples nobles, pour qui l’apposition d’un sceau est la seule trace de leur existence conservée dans les sources historiques, et dont le dénominateur commun était soit de ne pas être catholiques, soit d’adopter une attitude très tolérante envers les autres confessions.

Poursuivons en nous penchant sur les sigillants de l’acte d’élection, établi le 16 mai 1573. Même si toute la noblesse présente sur le lieu d’élection a participé dans le choix de nouveau roi (selon la règle de « electio viritim », fondé dans les années 1530 par Sigismund Ier et confirmé en 1573) elle était trop nombreuse pour être indiquée dans l’acte. Seuls y figuraient les noms des plus hauts fonctionnaires, des membres du clergé et des représentants des villes. Tous nos 15 signataires étaient d’éminents fonctionnaires (notamment Jakub Uchański, primat de Pologne et interrex) issus de puissantes familles (notamment Mikołaj Radziwiłł Rudy – dit « le Rouge » — qui était prince de la famille la plus influente de Lituanie et occupait les plus hautes fonctions en Lituanie) et étaient des membres actuels ou futurs du Sénat. Le texte de l’acte d’élection indique clairement qui a apposé ses sceaux sur le document ; toutefois, étant donné que seules 15 des 121 empreintes sont lisibles, nous ne sommes actuellement pas en mesure de vérifier si toutes les personnes mentionnées ont bel et bien apposé leurs sceaux. Il faut attendre les travaux de leur conservation et rénovation.

Enfin, en ce qui concerne les sigillants de l’acte de déclaration, ils ont été les députés de la République des Deux-Nations dans une délégation chargée de communiquer officiellement la nouvelle de l’élection tant à l’élu lui-même qu’au monarque français. C’est pour cette raison qu’on y a sélectionné des politiciens et des diplomates chevronnés, issus de familles puissantes et influentes, parmi lesquels s’est trouvé Jan Zamoyski, qui deviendrait plus tard le bras droit du roi Étienne Báthory et la figure politique la plus importante de Pologne entre 1576 et 1605.

Certains parmi ces sigillants figurent dans deux des documents mentionnés ci-dessus. Pour nommer quelques-uns : Hieronim Bużeński, qui s’occupait des matières financières de la Pologne, a signé les actes de la Confédération de Varsovie (il était calviniste) et d’élection ; l’autre exemple, Adam Konarski, l’évêque de Poznań, a signé l’acte d’élection et puis il était un des députés polonais à Paris, grâce à quoi il a apposé son sceau également à l’acte de déclaration. Il est fort probable que bon nombre des signataires de l’acte de confédération de Varsovie figurent également parmi les signataires de l’acte d’élection ; malheureusement, comme nous l’avons déjà mentionné, il est aujourd’hui impossible de le vérifier.

Bien sûr, cela ne signifie pas la fin des études possibles sur ces documents. Il reste quelques hypothèses à vérifier, par exemple pourquoi la chancellerie polonaise a décidé d’utiliser la cordelette blanche, rouge et verte comme couleurs des attaches – peut-être était-elle consciente que ce fussent les couleurs utilisées par la famille royale de France à l’époque. Ces questions, ainsi que d’autres, font toujours l’objet de nos recherches.


[1] Archives du Ministere des Affaires Etrangères (désormais AMAE), site de Paris – La Courneuve, TRA15730001/001, 121 sceaux.

[2] AMAE, site de Paris – La Courneuve, TRA15730001/003, 11 sceaux.

[3] Archiwum Główne Akt Dawnych (désormais AGAD), Varsovie, Zbiór dokumentów pergaminowych, 4467, 209 sceaux. 

Lost and Found: the Saint-Denis Seal Impression of Edward the Confessor and the Development of the Early English Writ-Charter

Empreinte Saint-Denis d’Edouard le Confesseur (1053 × 1057). © Paris, Archives nationales, Sc/x/832.

Dans les années 1980 aux Archives nationales de Paris, une tragédie a eu lieu. Une de seulement trois empreintes connues du sceau d’Edouard le Confesseur se perd. Détachée de son document, il était impossible de savoir ce qu’elle est devenue : cassée ? tombée ? volée ?

Projetons-nous 40 ans dans l’avenir, en 2021, Guilhem Dorandeu, est un doctorant à l’époque qui menait de recherches aux Archives nationales. Il est en train de regarder la collection des sceaux détachés : ces sceaux détachés de leurs documents soit par hasard soit par une volonté quelconque. Et ensuite, le miracle des miracles : il tombe sur le sceau d’Edouard le Confesseur !

Ce qui suit est toute une série d’identifications et d’analyses pour être sûr qu’il s’agit bien du sceau présumé perdu dans les années 1980. Cette empreinte, qui est paradoxalement la mieux conservée de toutes les empreintes connues, permet une étude sur l’iconographie. Une hypothèse est lancée qu’Edouard s’est inspiré par le monde byzantin et par l’Europe continentale pour l’image sur son sceau.

Lisez l’article de Guilhem Dorandeu et Levi Roach, Lost and Found: the Saint-Denis Seal Impression of Edward the Confessor and the Development of the Early English Writ-Charter dans son intégralité via le site de Cambridge University Press.

Les armoiries de la ville de Troyes

AD 10 – 3 DT 1, (c) Archives départementales de l’Aube

En 1825, le roi Charles X accorde à la ville de Troyes ses armoiries. Cet acte pourrait sembler anodin puisque la ville en a déjà eu depuis le XIIIe siècle. Mais l’utilisation des armoiries était proscrite après la Révolution. Les Archives départementales de l’Aube propose une lecture et une analyse fine de ce beau parchemin où il figure les armoiries avec un grand sceau de Charles X en cire verte.

A l’occasion d’une exposition consacrée à l’histoire du comté de Champagne, les archives soulignent quelques documents remarquables dont celui-ci. Retrouvez le contexte et les enjeux de ce document dans l’analyse complète sur le site des Archives départementales de l’Aube ici.

L’exposition Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes sera à l’Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes jusqu’au 31 octobre 2026.

Première formation au module héraldique

Dans le cadre d’un financement de Biblissima+, le projet SIGILLA a bénéficié des fonds pour faire développer un module héraldique. Ce nouveau module, qui remplace l’ancien, est désormais en ligne, et est composé de deux parties : une première partie avec une fiche dédiée aux Armoiries et une reconstitution graphique grâce à notre collaboration avec le projet Heraldys, et une deuxième partie avec une nouvelle fiche Emblématique qui permet l’étude de la mise en scène (para-)héraldique sigillaire.

L’outil est dans sa première phase et cette formation de quatre contributeurs va nous permettre de peaufiner et perfectionner davantage le module.

Surveillez bien la base pour ces nouvelles fiches !

Michel Pastoureau : Le renard. Une histoire culturelle d’un animal ambivalent

Les Archives départementales de l’Aube ont le plaisir d’accueillir prochainement Michel Pastoureau dans le cadre d’une conférence dédiée à un animal qui est à la fois ambigüe et bien connu : le renard. Ensemble, nous suivrons cet animal de l’Antiquité grecque jusqu’à l’époque moderne afin de le mieux connaître et comprendre son symbolisme à travers les siècles.

Le Roman de Renart (Paris, v .1325-1350) Paris, BnF, Français 1580, fol. 29r © Paris, Bibliothèque nationale de France

Le renard. Une histoire culturelle d’un animal ambivalent
Michel Pastoureau

9 juin 2026 à 18h00

Archives départementales de l’Aube
131 rue Etienne-Pédron, 10000 Troyes

La conférence est gratuite mais soumise à une réservation. Pour plus d’informations et pour vous inscrire, consultez le site des archives ici.

Présentation des nouveaux modules SIGILLA

Ces 20 et 21 mai derniers, l’équipe SIGILLA a participé aux Journées de Biblissima+ organisées au Campus Condorcet. Ces journées étaient les dernières prévues pour ce programme de financement, dont SIGILLA a bénéficié depuis 2022. Ainsi, c’était l’occasion pour tous les projets de montrer ce qu’ils ont réussi à construire et à étudier grâce à cette aide financière.

Lors d’une série d’ateliers pratiques, plusieurs projets ont présenté une plateforme, un outil ou une collaboration qui a vu le jour grâce à Biblissima+. Pour SIGILLA, ce financement nous a permis de faire développer deux nouveaux modules : le module épigraphique et le module héraldique.

Le module épigraphique comporte un clavier virtuel qui permet de saisir la légende d’un sceau avec une police semi-imitative. Le collaborateur choisit la lettre qui ressemble le plus et ainsi la légende est transcrite d’une façon qui nous donne une mine d’informations : Le S du sigillum, est-il barré ? Le boucle du G, est-il fermé ou ouvert ? Le E est-il clos ou ouvert ? Puisque ces informations seront cherchables et que chaque sceau est daté, une étude sur l’apparition d’une telle allographe sur un sceau ou bien sur l’évolution de l’écriture sigillaire sera désormais possible. Nous sommes en train de perfectionner le formulaire de saisie pour ce nouveau module, et il sera en ligne d’ici peu.

L’autre nouveauté est le module héraldique ce qui se concrétise via la nouvelle fiche Emblématique. Cette fiche vise à ne pas seulement renseigner les informations concernant les armoiries elles-mêmes, mais aussi leurs mis en scène et les éléments para-héraldiques (cimier, tenants, etc.). Ainsi, toute la présentation armoriale peut être pris en compte et plus finement étudier. Une partie de ce module se manifeste avec la collaboration avec l’outil Heraldys qui permet une reconstitution graphique des armoiries à partir du blasonnement.

Cette fiche se trouve actuellement sur la base SIGILLA.

Nous tenons à remercier chaleureusement le programme Biblissima+ et l’ANR pour leur soutien du projet SIGILLA lors des dernières années.