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« Sous le sceau de l’Europe » : une exposition en ligne vous présente quelques sceaux européens


Aboutissement de son travail, un stagiaire-archiviste des Archives de l’UE propose une exposition inédite sur les sceaux des premières communautés européennes. À partir d’une étude récente concernant les usages qui en sont faits, il éclaire comment un objet matériel se fait un instrument de légitimation juridique et symbolique.

  • Nicolas KERNEL

Jeune archiviste et historien de formation, Nicolas Kernel a soutenu le 13 novembre 2025 son master en Gestion contemporaine des archives de l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse. Son travail de fin d’étude s’est construit autour d’un article rédigé lors de son stage aux Archives historiques de l’Union européenne (AHUE) à Florence, expérience in situ unique achevant son master en archivistique. Saluée par les félicitations du jury pour son approche novatrice, cette étude de l’usage et des symboliques iconographiques du sceau a particulièrement retenu l’attention des examinateur·rices, pour l’originalité du sujet de cette recherche à la croisée de l’histoire institutionnelle, de la diplomatique et des pratiques documentaires.

Pour marquer la fin de son année de stage, Nicolas accompagné de l’équipe des archivistes des AHUE a finalement conçu une exposition en ligne illustrant son article en mettant en lumière les sceaux conservés aux Archives et invitant le public à découvrir les enjeux de pouvoirs qu’ils rescellent. Cela marque l’aboutissement de ce beau projet avec au cœur : le sceau, même contemporain !

L’exposition a également l’originalité d’être bilingue et transposable en français et en anglais. Voici le lien pour accéder à la version française : https://archives.eui.eu/fr/audio_visual/exhibitions/42/exhibition_pages/113.

Pour ce faire, par une recherche minutieuse, Nicolas a mené, entouré et soutenu par les archivistes des Archives de l’Union européenne, le récolement quasi complet de tous les sceaux alors conservés à Florence. Pour cela, il est parti dans les dépôts à la chasse du moindre sceau, en dépouillant des fonds institutionnels comme privés, et en fouillant les fonds de boîte et de tiroir !

Sceaux et usages du sceau dans les premières communautés européennes

L’article explore le rôle du sceau comme outil central de légitimation dans les premières communautés européennes, en montrant qu’il ne s’agit pas d’un simple objet formel, mais d’un véritable instrument de pouvoir symbolique et juridique. À travers une analyse des pratiques de scellement, des choix iconographiques et des règles d’usage, il met en évidence la manière dont les institutions ont cherché à rendre visibles leur autorité, à garantir l’authenticité de leurs actes et à forger une identité institutionnelle crédible. Le sceau apparaît ainsi comme un objet à la fois matériel et performatif : il certifie les documents, engage des responsabilités juridiques précises et participe à une véritable mise en scène du pouvoir administratif et judiciaire. L’étude souligne également le rôle décisif de certains acteurs, souvent issus de l’administration, dans ces processus d’uniformisation et de normalisation documentaire, révélant l’importance du travail administratif dans la construction concrète de la légitimité européenne. Pour étayer cette réflexion, l’article s’appuie sur deux études de cas complémentaires de deux institutions qu’oppose leur rapport solennel au document.

Sceau de la Cour de justice des Communautés européennes

En effet, la Cour de justice des Communautés européennes (puis dès 2009 de l’Union européenne, CJUE) adopte dès sa fondation le sceau comme un symbole fort et unifié, s’inscrivant dans une tradition judiciaire européenne de longue durée, mobilisant une iconographie classique et une référence au latin afin d’affirmer la solennité et l’autorité du droit communautaire.

À l’inverse, au sein de la Commission Euratom (Communauté européenne de l’énergie atomique, CEEA), l’usage du sceau relève davantage d’un processus administratif progressif, marqué par des pratiques hétérogènes, des ajustements successifs et une attention croissante à la responsabilité juridique et à la traçabilité des actes.

Sceau de la Commission Euratom

La comparaison fait ressortir un contraste saisissant entre une institution judiciaire attachée de continuité symbolique et une administration en pleine construction, confrontée à la nécessité de normaliser ses outils de travail. Elle révèle cependant un point commun essentiel : dans les deux cas, la maîtrise des formes documentaires et des signes d’authentification s’avère indispensable pour asseoir l’autorité des institutions européennes et rendre leurs décisions recevables, lisibles et durables.

Retour au sceau alsacien ?

« Je suis tout simplement un fondu (rires), non pas de cire, mais de sceau, objet que j’ai découvert en 2021 au tout début de mon premier master en histoire médiévale, à l’Université de Strasbourg. Devant fréquenter les archives alsaciennes pour rédiger mon mémoire de recherche, consacré à l’étude de Richard Puller de Hohenbourg, chevalier homosexuel alsacien du XVe siècle, j’ai rencontré son sceau, qui m’a permis d’adopter une approche mêlant histoire sociale, culturelle et des représentations.

« J’essaie d’ailleurs toujours de rester un membre actif du groupe SigiAl en reprenant la collecte et la saisie des sceaux alsaciens sur SIGILLA. Pour moi, le sceau est un objet au cœur de multiples intérêts : les formes matérielles de l’autorité, les processus de normalisation documentaire et la construction symbolique des institutions, du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Tout simplement fascinant, non ? »

Les Actualités de l’Alsace

L’antenne régionale de SIGILLA, SigiAl – Sigillographie de l’Alsace – continue sa collecte et son travail de numérisation des sceaux conservés dans la région. Pour rappel, ce projet porté par Thomas Brunner de l’Université de Strasbourg et l’UMR 3400 ARCHE, a vu le jour fin 2019. Grâce aux efforts d’un réseau de volontaires, d’étudiants et d’universitaires, les Alsaciens ont trouvé la bonne formule. Lors d’une réunion d’équipe récent, SigiAl a fait un point d’étape et les résultats étaient époustouflants !

La base SIGILLA comprend plus de 14 000 empreintes alsaciennes – ce qui fait que bientôt 1 empreinte sur 4 vient d’Alsace. Avec un corpus de plus de 9 000 actes photographiés, SIGILLA devient la plus grande source en ligne pour les chartes alsaciennes.

L’équipe travaille grâce aux collectes individuelles des collaborateurs mais aussi de manière collective lors des journées de collecte ou des ateliers de saisie. De tels événements sont organisés chaque mois ce qui permet l’inclusion de plusieurs contributeurs et la possibilité de se rendre aux archives diverses. Ainsi, l’équipe était au 1er avril à Reichshoffen pour traiter les archives privées de De Dietrich.

Surveillez bien la base SIGILLA pour les nouveaux ajouts de nos amis alsaciens et bravo à toute l’équipe ! Continuez comme ça !

Pour apprendre plus sur SigiAl et ses activités, consultez son carnet hypothèses.

Exposition à Nancy : « File-moi ton blaze ! »

Depuis le 5 février, les Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle à Nancy accueille l’exposition « File-moi ton blaze ! Blason et sceaux en Lorraine du Moyen-Âge à nos jours ». L’exposition a été créée à partir des éléments héraldiques présents sur des documents d’archives et des sceaux datant du XIVe au XXIe et explore l’héraldique lorraine.
Outre l’exposition, il y a une programmation autour des blasons lorrains : conférences, ateliers, démonstrations – pour les grands et les petits.

L’entrée est gratuite et libre, mais attention, une réservation est conseillée pour quelques événements.
L’exposition dure jusqu’au 12 juin 2026.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site des Archives.

La collecte aux Archives départementales du Rhône, première phase : les sceaux du clergé séculier d’après l’inventaire d’Henri Hours

  • Perrine MESGUEN

En mai 2025, grâce à une subvention de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons commencé la collecte des sceaux conservés aux Archives départementales (AD) du Rhône, à Lyon, en collaboration directe avec deux étudiants de l’Université Jean-Moulin Lyon 3, partenaire du projet.

Fig. 1 : 4 fiches (numérotées) de l’inventaire manuscrit des sceaux conservés aux Archives départementales du Rhône par Henri Hours.

C’est en nous basant sur le recensement des sceaux de la série G des AD (relative au clergé séculier) effectué dans les années 50 par Henri Hours, ancien conservateur des archives, que nous avons débuté cette collecte. Si le manuscrit original est malheureusement introuvable aujourd’hui, les AD en possèdent une précieuse copie, classée par ordre alphabétique des sigillants et par typologie de sceaux (sceaux en cire ; sceaux pain à cacheter sous papier ; cachets en cire d’Espagne ; bulles ; sceaux en cire pendants, plaqués, sous papier). Il y a de ça quelques années, un travail d’édition numérique dudit inventaire a été réalisée, nous offrant un tableau au format .xls très utile pour notre mission, avec dans chaque colonne les données indiquées par l’archiviste lorsqu’il les a renseignées : le sigillant, sa qualité, le lieu et la date d’émission de l’acte, la matérialité du sceau, sa description, la légende, la cote, l’état de conservation du sceau, l’annonce de l’acte et quelques observations le cas échéant – notamment sur l’état de conservation. Pour le rendre définitivement exploitable, nous avons numéroté chaque fiche du document, afin de permettre un renvoi clair dans la bibliographie SIGILLA (cf. fig. 1). Ainsi, 783 fiches composent cet inventaire. Sachant que chaque fiche peut renvoyer à un ou plusieurs sceaux, cela nous donne près de 900 sceaux référencés[1], couvrant une période allant du XIIe s. au XVIIIe s.[2] (cf. fig. 2 et 3).

Partant de cette précieuse source, nous avons pu commencer la collecte. Pour plus de facilité dans la consultation des documents aux AD, le choix a été fait de trier le tableau non pas par ordre alphabétique mais par cote – Henri Hours ayant traité les cotes allant de 1G à 10G. Ainsi, boîte d’archives après boîte d’archives, acte après acte, les sceaux recensés par l’archiviste ont fait l’objet d’une étude matérielle et d’une couverture photographique. Associant les informations récoltées au milieu du XXe s. à nos observations, l’inventaire a dès lors pu être complété et, surtout, les données ont pu être intégrées de façon pérenne dans SIGILLA. À l’heure actuelle, 418 actes ont été traités et pas moins de 456 empreintes sont venues enrichir la base, sans oublier le nombre important de personnages, ecclésiastiques ou laïcs, souvent peu ou pas connus, venus enrichir les rangs des sigillants référencés.

Au fil de la collecte, différents constats ont pu être faits qui ne peuvent qu’enjoindre à continuer le recensement pour, dans le même temps, compléter l’inventaire d’Henri Hours et assurer une forme de conservation préventive des sceaux.

D’abord, compléter, en ce que l’archiviste a pris le parti, pour certaines empreintes, de ne pas les intégrer dans son inventaire. C’est notamment le cas pour nombre d’actes scellés sous papier par le Chapitre Saint­-Jean de Lyon au XVIIIe s. avec une matrice identique (pour le sceau-type, voir Chapitre Saint-Jean de Lyon – sceau – 1738/1778 dans SIGILLA) ; s’il n’est pas difficile de comprendre le choix d’Henri Hours, la collecte SIGILLA, de son côté, souhaite être la plus exhaustive possible et ces empreintes font donc l’objet d’un relevé systématique. Cela nous a permis, pour le moment, de compléter l’inventaire des sceaux du Rhône avec 80 empreintes.

Par ailleurs, force est constater que l’état de conservation des sceaux n’est malheureusement pas toujours optimal. Henri Hours le notait déjà dans son inventaire avec des mentions telles que « débris » ou « manquent les ¾ », et nous ne pouvons que remarquer que bien des empreintes sont aujourd’hui plus dégradées encore. Ainsi, il est apparu comme évident de renseigner dans le tableau de travail l’état du sceau lorsqu’il était préoccupant, afin d’en faire remonter l’information au service de conservation des AD : une collaboration essentielle pour préserver, au mieux, ces sources précieuses que sont les sceaux.

Cette première phase de collecte de sceaux conservés aux AD du Rhône aura donc permis de mettre en place une vraie méthodologie de travail, en créant un outil hybride mêlant inventaire manuscrit du XXe s. et données numériques du XXIe s., d’une utilité certaine pour réaliser une moisson efficace et offrir à qui souhaiterait participer au projet une base de travail solide. Car en effet, certains de la richesse dont regorgent les AD, nous espérons continuer et mener à bien cette mission en étendant le référencement au reste des fonds qui y sont entreposés. Car, si une seule série contient plus de 900 sceaux, imaginons combien d’empreintes inédites se cachent encore dans les Archives ? À nous de le découvrir.


[1] À noter que, malgré la précision qui caractérise cet inventaire, une centaine de fiches – et donc de sceaux – n’a pas de cote associée.

[2] Exception faite d’un sceau de Charles, roi de Provence, daté de 861 (10G3125, Hours n°95, p. 24).

SigiAl continue sa collecte des sceaux alsaciens

Le projet SigiAl – Sigillographie de l’Alsace – porté par l’Université de Strasbourg et l’antenne alsacien de SIGILLA continue sa campagne de collecte. Depuis fin 2019, un groupe composé de bénévoles issus de la société civile et d’universitaires recense les sceaux conservés aux archives de la région. De Wissembourg au nord jusqu’à Altkirch au sud et tout ce qui se trouve entre les deux, plus de 22 dépôts ont été traités ou entamés. Selon les derniers chiffres, le projet a mis pas moins que 13 500 empreintes sur la base SIGILLA.

L’objectif actuel de SigiAl est de faire un inventaire complet de tous les sceaux datant avant l’année 1350 conservés dans la région. L’équipe a récemment pu ajouter les archives municipales d’Erstein, de Rouffach et la série CH des Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg sur la liste des dépôts traités jusqu’à cette date de 1350.

Tous les jours, nos amis alsaciens ajoutent quelques sceaux et le paysage sigillaire de l’Alsace se complète de plus en plus. Ce projet est autant plus important puisque les grands catalogues de la France (Douët d’Arcq, etc.) ne couvrent pas l’Alsace comme la région ne faisait pas partie du pays à l’époque.
N’hésitez pas à suivre le progrès de ce projet antenne via la base SIGILLA ou bien le portail dédié.

Bravo à toute l’équipe et continuez comme ça !

Un document multiscellé des AD Rhône

  • Marguerite MARCHAL

Durant la fin de mon master d’histoire médiévale à l’Université Jean Moulin Lyon III, j’ai eu la chance de pouvoir participer au projet SIGILLA aux Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon. Tout d’abord dans le cadre d’un stage, j’ai enchaîné avec un contrat d’un mois pendant l’été. J’y ai travaillé avec Perrine Mesguen sous l’égide de Catherine Kasteleiner.
Lors de mon passage aux Archives Départementales, j’ai découvert un document étonnant dans sa forme. Cet acte, le 10 G 3353³, ne comporte pas moins de 180 feuilles et remporte ainsi de loin la palme du plus grand acte que j’ai pu étudier. Il fait état du procès-verbal d’arpentage de la dîmerie du Prieuré Sainte-Madeleine de Malaucène, dans le Vaucluse.
En plus du temps qu’il a fallu pour photographier toutes les pages, l’étude de la dernière page a posé quelques problèmes. Comme la plupart des documents, c’est là qu’est apposé le sceau ou le cas échéant, les sceaux.


En effet, plusieurs traces de cire rouge et noire sont conservées, dont deux en cire rouge qui sont des sceaux entièrement visibles.
Se faisant face verticalement au milieu du feuillet, deux lignes de cire semblent les lier. Sous le sceau le plus haut se trouvent des appositions de cire noir, dont une à gauche qui est à moitié conservée, ce qui permet d’apercevoir un filet externe sigillographique. Il est possible de supposer que la marque lui faisant face eut aussi été un sceau, qui présente cette même forme allongée voire ovale. Elle reste cependant trop abîmée pour y discerner des marques sigillographiques. La question se pose sur les autres traces de cire, à savoir si elles pourraient être des sceaux indéchiffrables ou de simples appositions de cire. La forme de certaines permet d’affirmer sans l’ombre d’un doute qu’il n’y avait là aucun sceau, mais d’autres sont plus sujets à discussion. La plupart sont illisibles à cause du papier resté collé sur celles-ci.


Les deux sceaux conservés sont identiques et appartiennent selon Henri Hours (directeur des Archives municipales de Lyon de 1959 à 1988) à Pierre Hyppolite du Vivier de Lansac (1694-1784). Chanoine au Chapitre Saint-Jean de Lyon, il est aussi le dernier abbé de l’abbaye de Relecq en Bretagne. Ses armes se présentent ainsi sur les sceaux: un écu de gueules, dans un cartouche, couronné de marquis, tenu par deux anges debout sur une terrasse.


Entre les deux sceaux armoriés du Vivier de Lansac se trouve une déchirure dans le papier. Le peu de cire présent autour de ce trou confirme que c’est en arrachant un sceau que la page a été ainsi abîmée. En observant de plus près les résidus encore collés sur l’acte, des motifs sont visibles, qui pourraient être ceux présents sur l’exergue d’un sceau. Cela n’est pas suffisant pour déterminer une armoirie et son sigillant, mais nous renseigne sur la présence d’au moins un quatrième sceau.
Il y aurait donc eu au moins quatre sceaux apposés sur l’acte 10 G 3353³, sous réserve d’un plus grand nombre qu’il est pour l’instant impossible de préciser. Ces appositions semblent être originales au sein de la section 10 G des Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, à voir si cela se retrouve dans d’autres documents inscrits sur SIGILLA.

Colloque « Sceller les traités » sur YouTube

Le Centre des archives diplomatiques à La Courneuve, en coopération avec SIGILLA, a organisé un colloque novembre dernier dédié aux sceaux présents sur les traités. « Sceller les traités. Relations diplomatiques & sigillaires du Moyen Âge au XIXe siècle » a eu lieu les 14 et 15 novembre 2024. Lors de ces deux journées, les intervenants ont présenté des sujets variés l’un plus intéressant que l’autre. Du XIIIe siècle jusqu’au XIXe, nous avons étudié la sigillographie avec un ensemble de cas pratiques.

Toutes les interventions et les discussions qui les suivaient ont été enregistrées et désormais sont mises à votre disposition sur la chaîne YouTube des Archives diplomatiques.

Bon visionnage à toutes et à tous !

Formation : Astuces de la saisie

La nouvelle version de la base de données SIGILLA, en ligne depuis cet été, comporte quelques nouveautés et bien sûr quelques spécificités ! Afin de soutenir nos contributeurs dans la démarche de la saisie, l’équipe SIGILLA a organisé une formation pour montrer ce qui a changé et pour répondre aux questions des utilisateurs.

Présents étaient des contributeurs (archivistes, étudiants, bénévoles) de partout en France pour jeter un coup d’œil derrière les coulisses de ce nouvel outil. Cette première formation « Astuces de la saisie » était conçue pour ceux qui connaissent déjà la base SIGILLA et la saisie, mais qui avaient des questions et des incertitudes concernant la saisie dans cette nouvelle version.

Une formation bien réussite avec des contributeurs très motivés !  

Une deuxième formation « Niveau expert » pour les contributeurs chevronnés aura lieu mardi prochain le 19 novembre à 10h en visio-conférence. N’hésitez pas à vous vous y inscrire via ce lien : https://forms.office.com/e/X44f9fMu9E

Les sceaux conservés aux Archives municipales de Dole

– Maxime FERROLI, archiviste des Am Dole

Le 31 mai 2023, le service des Archives municipales de Dole accueillait un étudiant de l’Université de Franche-Comté opérant pour la base de données Sigilla (Matthieu Muller). Dans le cadre d’un financement de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté, et en collaboration avec l’Université, l’opération consistait à mener une collecte des sceaux conservés dans la région. Cette intervention nous a amené à enquêter dans nos fonds pour retrouver et inventorier ces derniers.

Le dépôt d’archives dolois prend naissance avec l’octroi d’une charte de franchise par la comtesse de Bourgogne, Alix de Méranie en 1274. C’est à partir de cette date que la communauté d’habitants prend soin de conserver tous les titres servant à prouver les privilèges dont elle jouit. Mais les deux conquêtes engagées en terres bourguignonnes par Louis XI, en 1477 puis en 1479, ont raison de la ville de Dole, entraînant d’importantes pertes archivistiques. Ainsi, c’est à partir de 1480 que les actes conservés constituent un ensemble cohérent.

Au sein de ce fonds documentaire, nous avons dénombré 29 sceaux, dont 28 sont issus des archives anciennes (antérieures à 1790, celles-ci représentent 76 mètres linéaires sur un volume total d’environ 1 000 mètres linéaires).

Au regard de la période concernée, la majorité des sceaux conservés sont ceux des comtes de Bourgogne, et plus précisément ceux des souverains habsbourgeois (1493-1678). Néanmoins, les plus anciens sceaux que nous possédons sont celui d’Othon IV de Bourgogne (1277, figure 1), et celui de Marguerite III de Flandre (1390). Quant à la branche des Habsbourg, elle se décline tout d’abord avec l’empereur Maximilien d’Autriche dont nous conservons 3 sceaux, l’un d’eux est d’ailleurs commun avec son fils Philippe le Beau (figure 2), et nous détenons un sceau de sa fille (1510), Marguerite d’Autriche. L’empereur Charles Quint est bien représenté avec 4 sceaux (1538-1551) ainsi que son fils Philippe II avec 4 sceaux également (1561-1592). Enfin, les Archiducs Albert et Isabelle, sont présents avec un sceau (1607).

Dans l’ensemble, la typologie documentaire rattachée à ces sceaux consiste en des lettres patentes.

En dehors de la période habsbourgeoise, les Archives municipales détiennent des sceaux de deux rois de France. Ainsi, 4 sceaux sont de Charles VIII (figure 3-4), ils couvrent la période 1483-1492. Ils illustrent la période d’occupation française du territoire comtal. Le second sceau est celui de Louis XVIII (1816), le seul issu du fonds d’archives moderne, qui s’inscrit dans le mouvement de confirmation des armoiries en France au début du XIXe siècle.

Nous possédons également quelques sceaux d’institutions, à savoir le parlement de Dole (2 sceaux) ou encore l’université. Concernant cette dernière institution, 3 sceaux sont conservés, deux d’entre eux sont issus du fonds de la confrérie de la Croix et datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle (1780 et 1789). Le dernier, récemment mis à l’honneur lors des commémorations des 600 ans de l’université de Franche-Comté (figure 5) remonte à 1691.

Fig. 5 : Université de Dole

Nous conservons également une bulle du pape Jules II (1512) relative à la reconstruction de l’église Notre-Dame de Dole et des sceaux de personnalités religieuses locales ; à savoir le prieur de Dole, Étienne de Olerille (1338) ou encore l’abbé de Saint-Vincent de Besançon, Jehan de Renédale (1465 et 1472, figure 6).

Finalement, comme le souligne Matthieu Muller, les sceaux conservés sont en mauvais état, la plupart d’entre eux sont en plusieurs morceaux. D’ailleurs, l’un d’eux est soigneusement emmailloté (figure 7). Au toucher, ce sceau de Charles VIII, apparaît être totalement en miettes, c’est pourquoi il n’a pas été manipulé.

Les sceaux conservés au sein des Archives municipales de Dole reflètent l’histoire de la ville et de son administration municipale. Ils se concentrent surtout sur la période charnière entre le XVe siècle et le XVIe siècle, moment où la ville doit réaffirmer ses droits et ses engagements.

Tableau récapitulatif :

SigillantNombre de sceauCote aux Archives
Comtes de Bourgogne
Othon IV de Bourgogne1FA 846
Marguerite de Flandre1FA 846
Maximilien d’Autriche3FA 744, FA 900/2 (2 sceaux)
Marguerite d’Autriche1FA 900/2
Charles Quint4FA 15, FA 1282 (2 sceaux), FA 1570.
Philippe II4FA 203 (2 sceaux), FA 1282 (2 sceaux)
Albert et Isabelle, Archiducs1FA 918
Rois de France  
Charles VIII4FA 900/1
Louis XVIII1D77
Institutions  
Parlement de Dole2FA 846
Université3Croix 66-1, Croix 66-2, non coté.
Personnalités religieuses
Jules II1FA 1281
Etienne de Olerille, prieur de Dole1FA 985
Jehan de Renédale, abbé de Saint-Vincent de Besançon2FA 846

Formation de nouveaux contributeurs en Bourgogne-Franche-Comté

Début novembre a eu lieu une formation à la base SIGILLA pour quelques étudiants du parcours Éditions numériques et patrimoine de l’antiquité à nos jours (CMI ENPAJ) de l’Université de Franche-Comté. Cette formation était possible grâce à une subvention reçue de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté.

Une matinée de théorie et de sigillographie a préparé les étudiants pour le travail sur place aux archives sur de documents scellés. Pour cette partie pratique, nous sommes allées aux Archives municipales de Montbéliard où l’équipe nous a chaleureusement accueilli. Montbéliard était une ville sous les Wurtemberg et nous avons trouvé quelques exemplaires de leurs sceaux. Le travail était difficile – actes en moyen-allemand – mais passionnant !

C’était une journée pleine de découvertes et nous avons hâte de voir ce que les étudiants découvriront cette année aux archives !
Nous remercions tous les participants et les organisateurs de cette journée bien réussie.