AD 10 – 3 DT 1, (c) Archives départementales de l’Aube
En 1825, le roi Charles X accorde à la ville de Troyes ses armoiries. Cet acte pourrait sembler anodin puisque la ville en a déjà eu depuis le XIIIe siècle. Mais l’utilisation des armoiries était proscrite après la Révolution. Les Archives départementales de l’Aube propose une lecture et une analyse fine de ce beau parchemin où il figure les armoiries avec un grand sceau de Charles X en cire verte.
A l’occasion d’une exposition consacrée à l’histoire du comté de Champagne, les archives soulignent quelques documents remarquables dont celui-ci. Retrouvez le contexte et les enjeux de ce document dans l’analyse complète sur le site des Archives départementales de l’Aube ici.
L’exposition Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes sera à l’Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes jusqu’au 31 octobre 2026.
Aboutissement de son travail, un stagiaire-archiviste des Archives de l’UE propose une exposition inédite sur les sceaux des premières communautés européennes. À partir d’une étude récente concernant les usages qui en sont faits, il éclaire comment un objet matériel se fait un instrument de légitimation juridique et symbolique.
Nicolas KERNEL
Jeune archiviste et historien de formation, Nicolas Kernel a soutenu le 13 novembre 2025 son master en Gestion contemporaine des archives de l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse. Son travail de fin d’étude s’est construit autour d’un article rédigé lors de son stage aux Archives historiques de l’Union européenne (AHUE) à Florence, expérience in situ unique achevant son master en archivistique. Saluée par les félicitations du jury pour son approche novatrice, cette étude de l’usage et des symboliques iconographiques du sceau a particulièrement retenu l’attention des examinateur·rices, pour l’originalité du sujet de cette recherche à la croisée de l’histoire institutionnelle, de la diplomatique et des pratiques documentaires.
Pour marquer la fin de son année de stage, Nicolas accompagné de l’équipe des archivistes des AHUE a finalement conçu une exposition en ligne illustrant son article en mettant en lumière les sceaux conservés aux Archives et invitant le public à découvrir les enjeux de pouvoirs qu’ils rescellent. Cela marque l’aboutissement de ce beau projet avec au cœur : le sceau, même contemporain !
Pour ce faire, par une recherche minutieuse, Nicolas a mené, entouré et soutenu par les archivistes des Archives de l’Union européenne, le récolement quasi complet de tous les sceaux alors conservés à Florence. Pour cela, il est parti dans les dépôts à la chasse du moindre sceau, en dépouillant des fonds institutionnels comme privés, et en fouillant les fonds de boîte et de tiroir !
Sceaux et usages du sceau dans les premières communautés européennes
L’article explore le rôle du sceau comme outil central de légitimation dans les premières communautés européennes, en montrant qu’il ne s’agit pas d’un simple objet formel, mais d’un véritable instrument de pouvoir symbolique et juridique. À travers une analyse des pratiques de scellement, des choix iconographiques et des règles d’usage, il met en évidence la manière dont les institutions ont cherché à rendre visibles leur autorité, à garantir l’authenticité de leurs actes et à forger une identité institutionnelle crédible. Le sceau apparaît ainsi comme un objet à la fois matériel et performatif : il certifie les documents, engage des responsabilités juridiques précises et participe à une véritable mise en scène du pouvoir administratif et judiciaire. L’étude souligne également le rôle décisif de certains acteurs, souvent issus de l’administration, dans ces processus d’uniformisation et de normalisation documentaire, révélant l’importance du travail administratif dans la construction concrète de la légitimité européenne. Pour étayer cette réflexion, l’article s’appuie sur deux études de cas complémentaires de deux institutions qu’oppose leur rapport solennel au document.
Sceau de la Cour de justice des Communautés européennes
En effet, la Cour de justice des Communautés européennes (puis dès 2009 de l’Union européenne, CJUE) adopte dès sa fondation le sceau comme un symbole fort et unifié, s’inscrivant dans une tradition judiciaire européenne de longue durée, mobilisant une iconographie classique et une référence au latin afin d’affirmer la solennité et l’autorité du droit communautaire.
À l’inverse, au sein de la Commission Euratom (Communauté européenne de l’énergie atomique, CEEA), l’usage du sceau relève davantage d’un processus administratif progressif, marqué par des pratiques hétérogènes, des ajustements successifs et une attention croissante à la responsabilité juridique et à la traçabilité des actes.
Sceau de la Commission Euratom
La comparaison fait ressortir un contraste saisissant entre une institution judiciaire attachée de continuité symbolique et une administration en pleine construction, confrontée à la nécessité de normaliser ses outils de travail. Elle révèle cependant un point commun essentiel : dans les deux cas, la maîtrise des formes documentaires et des signes d’authentification s’avère indispensable pour asseoir l’autorité des institutions européennes et rendre leurs décisions recevables, lisibles et durables.
Retour au sceau alsacien ?
« Je suis tout simplement un fondu (rires), non pas de cire, mais de sceau, objet que j’ai découvert en 2021 au tout début de mon premier master en histoire médiévale, à l’Université de Strasbourg. Devant fréquenter les archives alsaciennes pour rédiger mon mémoire de recherche, consacré à l’étude de Richard Puller de Hohenbourg, chevalier homosexuel alsacien du XVe siècle, j’ai rencontré son sceau, qui m’a permis d’adopter une approche mêlant histoire sociale, culturelle et des représentations.
« J’essaie d’ailleurs toujours de rester un membre actif du groupe SigiAl en reprenant la collecte et la saisie des sceaux alsaciens sur SIGILLA. Pour moi, le sceau est un objet au cœur de multiples intérêts : les formes matérielles de l’autorité, les processus de normalisation documentaire et la construction symbolique des institutions, du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Tout simplement fascinant, non ? »
Depuis le 5 février, les Archives départementales de la Meurthe-et-Moselle à Nancy accueille l’exposition « File-moi ton blaze ! Blason et sceaux en Lorraine du Moyen-Âge à nos jours ». L’exposition a été créée à partir des éléments héraldiques présents sur des documents d’archives et des sceaux datant du XIVe au XXIe et explore l’héraldique lorraine. Outre l’exposition, il y a une programmation autour des blasons lorrains : conférences, ateliers, démonstrations – pour les grands et les petits.
L’entrée est gratuite et libre, mais attention, une réservation est conseillée pour quelques événements. L’exposition dure jusqu’au 12 juin 2026.
Les Archives de la Région Grand Est ont mis en ligne une exposition virtuelle qui met en valeur les sceaux conservés dans leurs fonds. Conçue par un étudiant-stagiaire de l’Université de Lille avec l’aide des archivistes, cette exposition vise à présenter les sceaux dans un contexte à la fois sérieux et ludique. Issus du Chartrier de Niedernai (sous-série 1 J), on retrouve les sceaux d’empereurs, de seigneurs, d’évêques et d’autres notables, qui racontent l’histoire de la région d’une manière concrète.
Le Musée de la Tour aux Puces à Thionville propose une exposition inédite sur les sceaux du 17 octobre au 19 novembre 2023. Cette exposition met en lumière les sceaux de la région et vous invite de vivre les sceaux autrement – notamment par le toucher. Grâce aux créations plastiques, le visiteur découvre les sceaux aux bouts des doigts.
L’entrée est gratuite. Pour plus d’informations sur l’exposition, cliquez ici.
Le musée national de la Renaissance dans le château Ecouen (95440 Ecouen) prépare une nouvelle exposition consacrée à l’héraldique dans la France de la Renaissance : Le blason des temps nouveaux. Ouvert au public du 19 octobre 2022 au 6 février 2023, vous serez mené à travers les pièces splendides du château pour découvrir plus d’une centaine d’œuvres.
« Née au XIIe siècle sur les champs de bataille, l’héraldique reste omniprésente dans le quotidien de toutes les couches de la société française de cette époque. Elle incarne l’expression visuelle de l’identité d’une personne, d’une famille, d’une profession ou d’une ville. »
Pour plus d’informations sur cette exposition, cliquez-ici.
C’est les vacances, et vous cherchez de quoi faire pour passer le temps ? Depuis le 12 mai, l’École des Arts Joailliers à Paris présente une exposition racontant l’histoire de l’art des pierres gravées de l’Antiquité au XIXe siècle. Venez admirer de nombreuses objets dont quelques bagues signets mérovingiennes ou des anneaux épiscopaux.
L’exposition est gratuite mais sur réservation. Elle dure jusqu’au 1er octobre. Pour plus d’informations, cliquez ici.