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Newsletter SIGILLA juillet 2026 et bel été !

Comme vous le savez peut-être, cette année 2026 est une année très importante pour SIGILLA. Il y a exactement 10 ans, en 2016, la toute première version de la base a vu le jour. Après un lancement du projet en 2013, les trois années suivantes ont été consacrées à motiver des partenaires, à concevoir une base de données relationnelle, à la faire développer, et bien sûr à collecter les premiers sceaux. Si l’on se retourne sur le travail accompli depuis dix ans, on en peut que se réjouir du succès de cette aventure scientifique collective et de la place qu’occupe désormais SIGILLA dans la recherche sigillographique internationale. Cette réussite nous vous la devons et nous vous remercions de tout cœur pour votre engagement, votre enthousiasme pour les sceaux et votre collaboration fidèle et indispensable.

Cependant, 10 ans après sa mise en ligne, SIGILLA continue à évoluer et à croître. Voici quelques activités et projets réalisés durant ce premier semestre de 2026.

La collecte en Bourgogne-Franche-Comté s’est poursuivie toute au long de l’année 2025 et jusqu’au printemps dernier avec des ateliers de saisie organisés par les Archives départementales du Doubs pour les étudiants en CMI ENPAJ de l’Université Marie & Louis Pasteur. Ces ateliers ont permis aux étudiants d’approfondir leurs connaissances sigillographiques et de faire progresser la collecte sur place. Une des étudiantes a même prolongé sa contribution SIGILLA par un stage aux archives pour effectuer. Bravo à l’équipe, continuez comme ça !

Grâce à une subvention de la région Nouvelle-Aquitaine, la collecte aux Archives départementales de la Haute-Vienne a pu se prolonger. Un jeune chercheur a été engagé jusqu’à la fin du mois de mai pour y terminer la collecte des sceaux connus. Dans le cadre d’un financement Biblissima+, il continue actuellement ses recherches sigillaires dans la région. Surveillez bien la base pour découvrir ses pépites issues des fonds de Nouvelle-Aquitaine !

Depuis septembre 2025, l’EPHE et les équipes SIGILLA et ArmmA collaborent avec la Humboldt Universität de Berlin sur un projet dédié à l’héraldique : HERALDIC – Heraldic Identity in Context. Financé conjointement par l’ANR et la DFG dans le cadre d’un appel franco-allemand, l’équipe binationale s’est réunie à Strasbourg en février 2026 pour faire le point sur le projet et discuter des prochaines étapes. Une intégration des sceaux armoriés dans le Digital Heraldry Research Environment est prévue prochainement afin de pouvoir décrire les armoiries sur les sceaux grâce à une ontologie (un thesaurus normalisé et encodé) précise qui permet le croisement des données et une meilleure analyse des éléments. L’équipe continue sa collaboration avec des réunions mensuelles en visioconférence.

Grâce à une donation de la Fondation Zaleski, SIGILLA a engagé un doctorant de l’Université de Poznan au printemps dernier pour mener une étude sur deux documents fondamentaux pour les relations franco-polonaises : l’acte de Confédération de Varsovie et l’acte d’élection de Henri de Valois (futur Henri III) en tant que roi de Pologne. Les deux actes datent de 1573 et comportent ensemble plus de 300 sceaux de la noblesse polonaise. Rendez-vous sur la base SIGILLA pour consulter ces actes et découvrir la sigillographie polonaise de l’époque moderne.

L’antenne helvétique de SIGILLA, Sigisuisse, s’épanouit. Une formation de nouveaux contributeurs a eu lieu en mars suivie par un atelier pratique de saisie à Strasbourg avec l’équipe alsacienne de SigiAl. Des collectes sont actuellement en cours aux Archives de l’Etat de Neuchâtel et aux Archives de l’Etat de Berne. Consultez régulièrement la base via le portail Sigisuisse pour découvrir toutes les nouveautés.

La collecte au sein des Archives départementales du Rhône se poursuit également. Avec l’aide de l’inventaire d’Henri Hours, une contributrice découvre les pépites sigillaires lyonnaises. Avec plus de 500 empreintes déjà saisies, l’inventaire manuscrit sera bientôt visible du public et dans son intégralité sur la base SIGILLA.

La saisie des moulages de la collection Flandre a avancé grâce aux efforts d’un stagiaire de master durant le mois de mai. Dans le cadre de son stage, il a opéré un croisement des données entre l’inventaire de Demay, les Archives départementales du Nord et le site Diplomata Belgica afin de relier les photos des moulages et à celles des empreintes (1re moitié du XIIIe siècle). La saisie n’est toutefois pas achevée ! Avis aux amateurs !

Dans le cadre du financement Biblissima+, dont SIGILLA bénéficie depuis 2022, l’équipe a présenté deux nouveaux modules lors des dernières Journées de Biblissima+ en mai dernier à Aubervilliers. Le module « épigraphie » qui s’appuie sur un clavier virtuel pour reconstruire les légendes de sceaux à partir de polices semi-imitatives sera prochainement en ligne. Le module « héraldique » qui fusionne les réalisations du site Heraldys (pour une reconstruction graphique des armoiries) avec une nouvelle fiche « Emblématique » valorise la mise en scène (para-) héraldique sigillaire est désormais actif sur la base.

Puisque ce nouveau module héraldique est déjà en ligne, la toute première formation a eu lieu à la mi-juin pour une poignée de contributeurs. Retrouvez d’ores et déjà sur la base les premières saisies de cette valorisation héraldique.

Laurent Hablot était en résidence pour un semestre de recherche aux Archives départementales des Côtes-d’Armor en 2025-2026. En plus de l’analyse et de la saisie des sceaux qui y sont conservés, il s’est chargé d’initier une dynamique de collecte dans la région : Sigi-Breizh. Ainsi, plusieurs collectes, formations et conférences ont eu lieu en Bretagne afin de mobiliser les archivistes, étudiants et publics intéressés à contribuer à la base SIGILLA.

La base SIGILLA est une base dédiée aux sceaux de l’époque médiévale jusqu’à nos jours. Dans cet esprit, la base a accueilli ses premiers sceaux très contemporains datant surtout des années 1950 et 1960. Grâce à un collaborateur travaillant au sein des Archives historiques de l’Union européenne, vous pouvez désormais visualiser les sceaux des institutions européennes telles la Cour de justice européenne ou bien le Secrétariat général du Conseil des Communautés européennes. Le sceau le plus récent sur la base date de 2009 – une preuve que l’usage des sceaux persiste toujours à nos jours. A découvrir dès maintenant !

L’antenne alsacienne de SIGILLA, SigiAl, basée à Strasbourg, poursuit sa collecte des sceaux conservés dans la région. Avec déjà plus de 14 500 empreintes saisies, le projet totalise désormais 25 % de toutes les empreintes sur SIGILLA. Ce projet en sciences participatives mobilise des volontaires de la société civile et des étudiants afin de contribuer à la collecte sur le terrain. Un beau projet qui existe depuis fin 2019. Bravo à toute l’équipe et surtout, continuez comme ça ! Vous pouvez suivre leur progrès sur son portail dédié.

Et nous voilà, à quelques jours des vacances. Nous vous remercions encore une fois pour votre soutien si précieux et vous souhaitons de très belles et reposantes vacances d’été et nous vous donnons rendez-vous à la rentrée pour la suite de l’aventure !

Bien cordialement, L’équipe SIGILLA – Laurent Hablot, Thomas Brunner, Catherine Kasteleiner

Conférence : Empreintes d’encre et de cire : à la découverte des document scellés

Une collecte de sceaux est actuellement en cours aux Archives départementales de la Haute-Vienne à Limoges. Dans le cadre de cette collecte, plus d’un millier d’empreintes ont été déjà saisies sur la base SIGILLA. Il s’agit d’un corpus riche et varié qui reflète l’histoire et les acteurs limousins locaux. Pour conclure cette collecte et valoriser les sceaux analysés, Cyril Auxépaules, chercheur engagé par SIGILLA donnera une conférence intitulée :

Empreintes d’encre et de cire : à la découverte des documents scellés
Jeudi 28 mai 2026 à 18h
Salle des conférences des AD Haute-Vienne
1 All. Alfred Leroux, 87000 Limoges

La conférence sera suivie par un atelier pratique lors duquel vous pourriez assister à l’identification de sceaux.

L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Venez nombreux et découvrez le travail derrière les coulisses d’un sigillographe !

Newsletter SIGILLA – décembre 2025

Chères amies, chers amis,

Arrivés à la fin de cette année 2025, nous pouvons nous retourner fièrement vers tous les chantiers accomplis ces derniers mois.

Ce deuxième semestre était sous le signe de la collecte avec beaucoup de campagnes différentes.

Depuis septembre, grâce au soutien du SIAF, Laurent Hablot est pour 6 mois en résidence aux Archives départementales des Côtes-d’Armor (22) pour relancer la collecte bretonne. A cette occasion, il collecte et saisit les sceaux qui y sont conservés en s’appuyant sur le précieux travail de Martine Fabre et l’analyse croisée des données SIGILLA et ARMMA, plus d’une centaine d’empreintes sont déjà consultables sur SIGILLA.

La collecte entamée en mai aux Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon se poursuit. Grâce aux efforts des contributeurs sur place, l’inventaire d’Henri Hours se transcrit en version numérique. Jusqu’à présent plus de 400 sceaux lyonnais se trouve dans la base, et leur nombre augmente de manière régulière. Ça vaut le coup d’y jeter un coup d’œil ! Cette mission de collecte est possible grâce à une subvention de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes.

Nos amis alsaciens continuent leur collecte de sceaux de la région. Avec plus de 13 500 sceaux saisis, l’équipe a trouvé une bonne méthode ! Nous vous rappelons que cette antenne régionale, SigiAl – Sigillographie de l’Alsace, est portée par l’Université de Strasbourg et l’EPHE et engage des volontaires issus de la société civile. Pour suivre leurs nouvelles, n’hésitez pas à consulter leur carnet hypothèses.

La collaboration avec l’Université de Marie et Louis Pasteur (ancienne Université de Franche-Comté) et le parcours du CMI ENPAJ (Cursus Master en ingénierie – Edition numérique et Patrimoine de l’Antiquité à Nos Jours) se poursuit grâce à la reconduite d’une subvention de la DRAC Bourgogne-Franche-Comté. Pendant l’été, plusieurs étudiants ont pu profiter d’un job d’été pour faire avancer la collecte sur place. Ainsi, les Archives départementales du Doubs, de la Haute-Saône et de la Côte-d’Or ont vu le nombre de leurs sceaux dans la base augmente. Une formation à la base pour les nouveaux étudiants du CMI ENPAJ est prévue pour ces 17 et 18 décembre prochains. Surveillez bien la base pour les nouveaux ajouts de la région !

Le travail de recensement redémarre au sein des Archives départementales de la Haute-Vienne. A partir de décembre, un collaborateur se penche sur les sceaux limousins afin de les analyser et de les saisir sur la base SIGILLA. Une première partie de ce travail a déjà été effectuée au début de l’année 2024, et le but est d’achever le travail sur place. Grâce à une subvention reçue de la DRAC Nouvelle-Aquitaine, ce projet de collecte va poursuivre jusqu’au printemps 2026.

SIGILLA comprend désormais plus de 55 500 empreintes de sceaux. Avec une base de données de cette taille, il existe forcément quelques petites erreurs ou doublons. Pour augmenter la précision des données, nous avons engagé deux contributeurs chevronnés pour vérifier et fusionner les informations dans la base. Ainsi, une mission de dédoublonnage des sigillants vers un alignement avec la base Bibale de l’IRHT a vu le jour en septembre. De même, en novembre, une autre mission de vérification des données a commencé. L’objectif ici est de vérifier les données pour les grands sigillants : rois, reines, princes et princesses de France, remplissage des trous dans la collection Douët d’Arcq, etc. Ce travail est essentiel pour nous afin de vous garantir des données les plus fiables possibles lors de votre consultation et pour vos recherches.

En collaboration avec l’Institut Arthur Piaget à Neuchâtel (CH), le projet Sigisuisse a été officiellement lancé le 6 octobre dernier. Ce projet vise une collecte systématique des sceaux suisses, chapeauté par l’Institut, pour une saisie à la base SIGILLA. Inspiré par le projet alsacien, SigiAl, Sigisuisse fait appel à tous qui sont intéressés par la sigillographie. Pour plus d’informations sur ce projet, rendez-vous sur le portail Sigisuisse de la base. Nous aurons le plaisir de découvrir ce nouveau paysage sigillaire ensemble !

Le projet HERALDIC – Heraldic Identity in Context – un projet franco-allemand ANR-DFG entre l’Ecole pratique des hautes études et l’Université Humboldt à Berlin a officiellement débuté le 1er septembre. Ce projet prévoit la saisie commune des données héraldiques venant de supports divers (sceaux, monuments, armoriaux, etc.) afin de faciliter l’étude de ces emblèmes. Il finance en grande partie le fonctionnement de SIGILLA et SigiAl pour ces prochaines années. Suivez-nous pour les évolutions du projet.

Dans le cadre de l’amélioration du module héraldique de la base SIGILLA, vous avez peut-être déjà remarqué le retour des images des armoiries. Cette représentation visuelle est possible grâce à l’outil Heraldys, qui permet de dessiner automatiquement les armoiries à partir d’un blasonnement. Tenez-vous prêts pour d’autres évolutions du module héraldique dans les prochaines semaines. Nous vous dévoilerons ce nouvel outil dès qu’il sera prêt !

Le travail sur le module épigraphique avec notre collaboratrice, Délia Préteux, touche sa fin. Un compositeur de reconstitution graphique des allographes a déjà été testé afin de mieux visualiser et de mieux répertorier les formes d’écritures présentes sur les sceaux. Cet outil devrait être disponible pour le public début de l’année prochaine. Nous reviendrons vers vous en 2026 avec quelques propositions de formation.

Et nous voilà à quelques jours des vacances de fin d’année. Toute l’équipe vous souhaite de belles fêtes de Noël et de nouvelle année et un repos bien mérité. Nous nous retrouverons en 2026 pour la suite de notre collaboration et une année pleine de découvertes !

Bien cordialement,

L’équipe SIGILLA – Laurent Hablot, Thomas Brunner, Catherine Kasteleiner

Subvention reçue de la DRAC Nouvelle-Aquitaine

La bonne nouvelle est tombée la semaine dernière : SIGILLA a été nommé lauréat d’une subvention de la DRAC Nouvelle-Aquitaine !

Cette subvention servira à continuer la collecte de sceaux dans les Archives départementales de la Haute-Vienne à Limoges. Déjà entamée en 2024 par un stagiaire (voir l’article ici), il reste environ 600 sceaux à analyser et à saisir. Les pièces scellées proviennent de fonds divers tant ecclésiastiques que seigneuriaux ou hospitalier. Elles couvrent un large spectre chronologique s’étalent de 1196 à 1784.

L’équipe de ce projet limousin est en train d’organiser les détails de cette collecte, et le travail est prévu de commencer au cours de l’année 2026.

Nous tenons à remercier chaleureusement la DRAC Nouvelle-Aquitaine pour sa confiance en notre projet.
Vous pourriez suivre ce projet (et d’autres projets de collecte de SIGILLA) ici sur le carnet hypothèses ou directement sur notre base de données : https://sigilla.irht.cnrs.fr.

Récapitulatif des activités SIGILLA du janvier à juin 2024

Ce premier semestre 2024 a été largement occupé par la réécriture de la base SIGILLA. Nous espérons que vous prendrez le temps de feuilleter la nouvelle base, en ligne depuis 19 juin, et de découvrir ses fonctionnalités.

Parallèlement à ce chantier, l’équipe a continué à assurer de formations et a accueilli quelques nouveaux contributeurs.

La collecte des sceaux aux Archives départementales de la Haute-Vienne a commencé au début de l’année 2024, dans le cadre d’un stage confié à un étudiant de master II de l’université de Nantes, par la formation à la saisie au sein des archives. Plus de 150 empreintes ont été ajoutées à la base.

Une nouvelle collaboration a été initiée avec l’Université de Lille. Les premiers contributeurs se sont vu confier une partie de la collection de la Flandre. Ils n’ont pas seulement saisi les moulages présents dans la catalogue, mais aussi les empreintes originelles conservées aux AD du Nord. Un travail passionnant et le début d’une collaboration fructueuse !

La saisie de la collection Artois a elle aussi fait d’importants progrès au cours du mois de mars grâce au travail de plusieurs étudiants contractuels. 251 moulages ont été ainsi saisis.

Plusieurs formations de nouveaux stagiaires poitevins du CESCM ont également eu lieu. Ils poursuivent le traitement des fonds des Archives municipales de Poitiers et parallèle de la collection Eygun. Ces travaux continueront durant l’été.

Un collaborateur a aussi pu être engagé pour plusieurs mois afin de poursuivre le travail initié sur la numérisation 3D de sceaux dans le cadre d’un financement de la DRAC de la région Centre. Il avait pu réaliser la numérisation de près de 100 sceaux. Ces images 3D sont désormais à admirer sur SIGILLA dans notre nouveau viewer 3D ! A consulter sans modération !

En mai, l’équipe a accueilli une collègue de l’Institut Arthur Piaget de Neuchâtel en Suisse. Cet institut pour la valorisation historique de Neuchâtel est porteur du nouveau projet SigiSuisse qui engage à son tour la collecte de sceaux conservés en Suisse romande. Ce projet de collaboration a été lauréat des financements Globel Seed Fund attribués par PSL. Notre collègue a pu être formée à Strasbourg et à Paris à la collecte et à la saisie des sceaux afin de pouvoir encadrer le nouveau réseau suisse. Vérifiez régulièrement la base : vous y trouverez bientôt quelques sceaux suisses !

Suite à la mise en ligne de la nouvelle version de la base, plusieurs présentations ont été organisées. Un atelier de saisie a déjà également eu lieu à Strasbourg et plusieurs entre vous ont pu ainsi découvrir le nouveau SIGILLA.

Si l’interface demande encore quelques petits aménagements esthétiques et pratiques pour retrouver l’élégance et l’ergonomie de notre précédente SIGILLA, la nouvelle structure de la base, portée par un laboratoire du CNRS, est désormais très solide et bien plus adaptée aux besoins et possibilités des humanités numériques, prête à interagir avec de nombreuses autres ressources documentaires numériques concernant la diplomatique, l’héraldique, la prosopographie, etc.

Nous tenons à remercier encore une fois Biblissima + qui nous soutient dans ce projet, l’IRHT pour l’accueil réservé à notre base, et bien sûr son développeur sans qui nous n’aurions pu rien faire !

Le fonds sigillographique de Haute-Vienne

  • Cyril AUXEPAULES

Universis presentes litteras inspecturis. Nos, stagiarius, salutem…

Voilà peu ou prou la formule de suscription que j’aurais utilisée si, par quelque opération magique, et par un anachronisme linguistique, j’avais effectué mon stage au sein de l’officialité de Limoges entre 1200 et 1400. Cependant, l’histoire suivant son cours, ce sont bien les Archives Départementales de la Haute-Vienne qui m’ont accueilli, en janvier et février 2024, dans le cadre de mon master de recherche en histoire médiévale, parcours Sociétés, Cultures, Échanges, sous le patronage du CRHIA, à l’université de Nantes. La mission qui m’a été confiée est l’étude du fonds de sceaux (estimé à 2000 pièces, du XIIe au XVIIe siècles, avec une nette majorité issue des XIVe-XVe siècles) en vue de leur intégration à SIGILLA. Je tiens à remercier les équipes des ADHV et de SIGILLA pour leur confiance.

Les empreintes que j’ai rencontrées avaient, pour la plupart, déjà fait l’objet d’un inventaire précis dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, surtout par Philippe de Bosredon, Maurice Ardant et Louis Guibert. Il en est qui semblaient inédites, ou dont je n’en ai en tout cas pas retrouvé trace dans la littérature dédiée. Certains sceaux-types entrent dans les deux catégories, à l’instar de ceux employés par l’officialité de Limoges, assurément les plus nombreux (près de la moitié de mes saisies). Ces séries d’empreintes et de contre-empreintes ont constitué un piège facile pour le débutant que je suis, du fait de la constance de leur iconographie.

Ci-dessus, une empreinte de ladite officialité, datée de septembre 1322, que l’on décrit ainsi : évêque debout, vu de face à mi-jambes, mitré, crossé et bénissant. On lui trouve pour légende : + SIGILLVM CVRIE LEMOVICENSIS. Ce dessin, je l’ai retrouvé sur plus d’une vingtaine de sceaux… Pourtant, tous ne sont pas issus de la même matrice : certaines empreintes accusent d’une hauteur de 45mm (leur usage semble prédominer à partir de 1320), d’autres de 40mm (à partir de 1280). À cette difficulté s’ajoute celle de leur emploi, puisque les deux se chevauchent tout au long du XIVe siècle ; le siècle précédent voit le second se mêler à un tiers sceau, lui, d’environ 35mm, exclusif au XIIIe siècle. La mesure de chaque empreinte est un premier moyen de différenciation, mais elle peut se heurter au cas, hélas majoritaire, des sceaux incomplets et usés. Et bien sûr, des surprises peuvent toujours apparaître : l’empreinte donnée pour exemple ci-dessus mesure quant à elle 35mm de haut. C’est justement dans ce cas de figure que l’analyse de la contre-empreinte, lorsqu’elle est disponible, peut se révéler d’une grande aide, sans qu’elle soit, loin de là, une valeur sûre.

Contre-sceau Officialité de Limoges – Ad 87 – H SUP LIMOGES B 337 (3)

Voici la contre-empreinte qui semble avoir été majoritairement employée par l’officialité. On la décrira comme une main bénissante dans un nimbe crucifère, tandis que sa légende indique Manus Domini. L’institution a eu principalement recours à ce dessin entre 1239 et 1346. Il a été reproduit sur au moins trois matrices, que quelques millimètres distinguent en taille. Un autre dessin s’impose ensuite de 1336 à 1346, deux mains qui s’étreignent, légendé Dominvs mevs. Encore une fois, les deux illustrations se juxtaposent, mais la seconde est la plus fréquente sur la période qu’elle couvre : c’est ainsi que la présence de l’une de ces contre-empreintes peut aider à déterminer le sceau-type employé pour l’avers. Bien sûr, il n’y a pas de règle en la matière et des contre-exemples sont légion. Néanmoins, un examen attentif de la pièce, de l’acte auquel elle est appendue, le tout soutenu par une recherche bibliographique et la vigilance de Mme Kasteleiner ont permis, dans les cas que j’ai croisés, d’identifier chaque sceau.

Officialité de Limoges – Ad 87 – H 115

Formation à la base SIGILLA en Haute-Vienne

La nouvelle année vient de commencer, et notre équipe était déjà sur la route ! Une formation en hybride a été donnée à une archiviste et à un stagiaire à Limoges aux Archives départementales de la Haute-Vienne ce 8 janvier passé. Le matin se consacrait à l’utilisation de la base SIGILLA et dans l’après-midi a eu lieu un atelier pratique avec quelques sceaux conservés sur place. Nous avons déjà trouvé deux nouveaux sceaux-types et avons hâte de voir le reste !

Ils débuteront prochainement la saisie des sceaux limousines – vous pouvez les consulter et suivre le progrès dans la base SIGILLA !