La base SIGILLA a dépassé le seuil de 43 000 empreintes ce matin ! Nous vous invitons à feuilleter les nouveaux ajouts et à redécouvrir les anciens. La sigillographie française se complète de plus en plus avec chaque journée qui se passe.
Nous comptons à remercier chaleureusement tous nos collaborateurs pour leur travail, leur motivation et leur vigilance sur la base.
Dans combien de temps fêtons-nous les 50 000 empreintes ??
Ce mercredi passé a marqué le premier anniversaire de notre carnet hypothèses SIGILLA !
Il fut une année chargée de découvertes, de conférences, d’expositions et d’études. Nous remercions nos collaborateurs et notre réseau pour leurs contributions en forme d’articles, d’informations et de publicité. Qu’est-ce qui nous attend pour cette année ?
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Si vous voulez contribuer à ce carnet : présentation de vos travaux, un cas particulier, une question pour la communauté, ou même des annonces, n’hésitez pas à nous contacter à sigilla-contact@groupes.renater.fr.
Le projet SIGILLA bénéficie actuellement d’un financement dans le cadre du projet Biblissima+. Les journées du Cluster 3 « Intelligence artificielle, reconnaissance de formes et d’écritures manuscrites » auront lieu du 20 au 23 mars 2023 au sein du Campus Condorcet à Aubervilliers.
L’équipe SIGILLA va être présent pour participer au dialogue sur l’intelligence artificielle. Un atelier consacré à la sigillographie est prévu pour l’après-midi du 22 mars.
Pour plus d’informations et pour consulter le programme détaillé, cliquez ici !
Evêque, vice-chancelier-cardinal-évêque, archevêque, chambellan, doyen du collège des cardinaux, légat du pape…. et pape
Daniel KELLER
(c) D. Keller, issu d’une collection privée
L’empreinte, de couleur rouge, de forme ovale typique des sceaux ecclésiastiques, repose sur un fond de cire brune quadrillée pour augmenter l’adhérence. Conservée dans une boite métallique, elle est légèrement abîmée dans sa partie gauche où manque un peu de cire empêchant la lecture complète de la légende
(repli) R . CARD . (pli) VALEN (repli)
L’iconographie de type hagiographique est cependant complète : Le champ est occupé par un édifice renaissance en forme de portique, composé de quatre pilastres corinthiens soutenant un entablement orné de guirlandes, formant trois travées. Au registre supérieur s’ouvrent trois niches abritant, au centre une Vierge à l’Enfant en buste, accosté d’un saint diacre et d’un saint évêque. La niche centrale du registre médian abrite la figuration de saint Nicolas, accosté à gauche de celle de saint Sébastien au supplice et à droite par celle de l’archange Michel enfonçant sa lance dans la gueule du Démon. Chaque personne est identifiée par une inscription gravée sous leurs pieds : S. SEB / S. NIC / S . MIC. Sur le soubassement s’ouvre une fenêtre surmontée d’un fronton triangulaire dans laquelle est représenté un personnage en prière ; il est accosté de deux écus.
(c) Hauptstaatsarchiv Stuttgart HStA S H52 U16
La forme, la taille, la couleur, l’aspect général, l’inscription CARD pour cardinal et l’architecture m’ont conduit à orienter mes recherches vers les sceaux de cardinaux de la fin du XVème siècle et notamment ceux des lettres d’indulgence. L’une d’elles a attiré plus particulièrement mon attention. Une lettre d’indulgence pour l’église paroissiale saint Michel à Altshausen dans le diocèse de Constance est scellée de 10 sceaux dont le premier, à gauche, ressemblait beaucoup au document étudié. Elle est conservée aux archives du Land de Bade-Wurtemberg à Stuttgart sous la cote H52U16. Dr. Erwin Frauenknecht a bien voulu venir à mon aide et l’a identifié comme étant celui de Rodrigo Borgia utilisé avant son élection comme pape sous le nom d’Alexandre VI.1
Les armoiries des deux écus disposés de part et d’autre de la niche inférieure sont bien celles de ce personnage célèbre :
([d’or], au taureau [de gueules], sur une terrasse [de sinople], à la bordure [du champ, chargée de huit flammes du troisième], qui est Borgia, parti d’un palé [d’or et de gueules] de six pièces, qui est Oms), respectivement surmonté d’un chapeau de prélat à houppes.2
D’origine trop modeste, ce nom de Borgia est sujet à une élaboration légendaire familiale qui l’associe à la figure du taureau (boarius en latin) censé symboliser la puissance et la fécondité. Alphonse de Borja, futur pape Callixte III, fait rajouter sur le bord de l’écu huit flammes représentant les huit chevaliers Borgia accompagnant le roi d’Aragon lors de la reconquête du royaume de Valence.3
La famille cherche à rejoindre la petite noblesse en s’unissant notamment par mariage à la famille Oms, un lignage ancien, prestigieux et important propriétaire terrien. Leurs armes, un fascé de sable et d’or, viendrait d’un guerrier de la suite de Charlemagne, qui ayant capturé trois rois maures, aurait paré son bouclier de trois turbans. Ils seraient à l’origine des armes de cette grande famille de Catalogne, les Oms, portées par les descendants de Sibille d’Oms, épouse du chevalier Rodrigo-Gil II de la maison de Borja. Les armes du sceau étudié sont parti de Borgia et parti d’Oms et non de Lenzuoli comme indiqué dans la notice de Sigilla.
Cette attribution est confirmée par deux empreintes répertoriées dans la base de données Sigilla. Ces moulages font partie de la collection Lorraine des Archives nationales,1970, N°424 et de la BnF Paris Lat.9279-index26.L’une est intacte, l’autre restaurée .4
La légende peut ainsi être complétée :(repli) R . CARD . (pli) VALEN (repli) / S . R . E . VI (pli) CECAN
Il s’agit donc bien de Rodrigo Borgia. Neveu du pape Calixte III par sa mère Isabelle de Borgia. Sacristain de Valence, élevé à la pourpre par son oncle en 1456 à l’âge de 25 ans. D’abord diacre de saint Nicolas in Carcere (1456), il devient évêque de Valence (1458 à 1492), évêque d’Albano (1471 à 1476), de Porto et Santa Rufina (1476 à 1492) et de Majorque (1489), archevêque de Valence(1492). Il a une grande part à l’administration de l’Eglise comme Vice-Chancelier (1457 à 1492).Il est élu pape en août1492 sous le nom d’Alexandre VI.
L’empreinte peut donc être datée entre 1456 élévation à la dignité cardinalice et 1492, élection comme pape sous le nom d’Alexandre VI Borgia.
On peut enfin remarquer que le sceau des archives du Bade-Wurtemberg est très semblable à celui de la collection Lorraine des Archives nationales mais diffère très légèrement de celui de la BnF Lat 9279 et de l’empreinte proposée à notre étude : position de la Vierge, attitude de Saint Sébastian et de saint Michel. Le cardinal aurait-il fait refaire sa matrice à la suite de son vol, de sa perte ou de son usure ? Il a occupé sa charge de vice-chancelier pendant 35 ans ! (1457-1492)
Cardinal Pierre Louis Borgia, Archives héraldiques suisses, 1950, LXIV,n°1 (AHS 1950 n°1, p.6.
Un sceau de son fils, le cardinal Pierre Louis Borgia, est très semblable par le cadre architectural. Seuls sont différents les personnages représentés, des détails d’architecture et un seul écu est visible dans la partie inférieure. Il porte les armes paternelles.2
Un autre sceau du cardinal Rodrigo Borgia a également été repéré appendu à une bulle de 1486 au chapitre de la collégiale de Xativa (Espagne). Il est malheureusement abîmé et la trop faible résolution de la photo ne permet pas son étude.5
Deux autres empreintes de Rodrigo Borgia ont été repérées aux archives de Bavière, l’un de 1485 ref. Bay.HStA Kloster Sankt Emmeran Regensburg Urkunde 2196, l’autre de 1492 même référence Urkunde 2347.
Sources :
1. Dr Erwin Frauenknecht, Hauptstaatsarchiv Stuttgart,Baden-Württemberg
2. D.M.Galbreath, Les armoiries des Borgia, Archives héraldiques suisses,1950,LXIV,N°1.
3. Jill-Manon Bordellay, les Borgia :la fulgurante ascension d’une famille valencienne jusqu’à la papauté,2021.web.
4. Sigilla « Rodrigue Borgia »
5. Bula del cardenal Rodrigo de Borja al cabildo se la Colegiata de Xativa, Archivo de la Colegiata de Xativa. Cvc.cervantes.es.
D’Evreux à Besançon, depuis La Rochelle jusqu’en Avignon, ces quelques mots rappelleront inévitablement aux plus anciens la balade de Graeme Allwright, mais à l’inverse de cette chanson, l’enthousiasme préside à ces déplacements et ces rencontres. Ainsi, la semaine dernière, après Besançon, un nouveau partenariat s’est créé à Evreux entre les Archives départementales de l’Eure et Sigilla.
Après une présentation, en novembre dernier, le directeur des Archives, Monsieur Thomas Roche, et six membres de son équipe ont participé à une session de formation suivie d’une journée atelier de saisie. Tous ont découvert les arcanes de la base Sigilla et peuvent maintenant s’impliquer dans la saisie des données et l’amélioration de la base. Cette collaboration ouvre de très belles perspectives comme la mise à jour et des empreintes repérées par Germain Demay au XIXème siècle et surtout, l’ajout des sceaux issus des fonds que celui-ci n’avait pas inventoriés. Cet apport important va projeter un nouvel éclairage sur la l’emploi du sceau en Normandie et ouvrir de nouvelles perspectives de recherches. Une page dédiée aux archives de l’Eure est en travaux, et très prochainement les résultats de ce travail y sera directement consultable ( Ad 27 | SIGILLA ).
Nous remercions Monsieur Roche et son équipe pour leur engagement envers le projet et leur enthousiasme est un soutien important pour l’équipe Sigilla.
Vendredi dernier, SIGILLA a franchi le seuil de 2 000 armoiries dans la base ! Une belle surprise pour cette fin de l’année !
Ces armoiries viennent de tous les coins de France et leur nombre continue à augmenter. Elles aident à l’identification des sigillants et à mieux comprendre les motifs héraldiques sur les sceaux. En cliquant sur une armoirie, vous pouvez voir tous les sigillants et les sceaux types qui y sont associés. Un outil bien pratique pour faire des recherches, et suivre l’utilisation d’une armoirie spécifique.
Un grand merci à ceux qui alimente la base avec ces belles armoiries !
En ligne depuis bientôt dix ans, la base SIGILLA continue à s’améliorer et vient de modifier le système de nommage des sceaux-types.
Après avoir jusqu’ici utilisé le classement classique par type de sceau et ordre d’utilisation (premier sceau, deuxième petit sceau, quatrième sceau du secret, etc.), la dimension nationale de la collecte, le croisement de données contradictoires de provenance diverses (catalogues anciens et récents, sources d’archives) ou les très longues séries des sceaux institutionnels, nous ont imposé des corrections régulières et conduit à promouvoir une nouvelle méthode, plus adaptée aux réalités de nos données.
Après avoir consulté plusieurs de nos partenaires, nous avons donc décidé de nommer désormais les sceaux-types par leurs dates d’utilisation renseignées par les empreintes conservées, selon la formule suivante :
[Nom du sigillant] – [nature juridique du sceau] – [Première date d’usage/Dernière date d’usage]
Jean de Grigneville – grand sceau – 1270/1285
Lorsque le sceau-type n’a à ce jour qu’une empreinte connue, la date d’apposition sur l’acte est seule retenue. L’ajout de nouvelles empreintes corrigera automatiquement la fourchette de datation et le nommage du sceau-type. Une opération technique va permettre de remplacer sans tarder les anciens noms des sceaux types intégrant des numéros d’ordre.
Nous prions donc les contributeurs d’adopter cette nouvelle méthode de nommage.
Toute l’équipe SIGILLA est à votre écoute pour de questions éventuelles et de renseignements complémentaires.
Ces 9 à 11 novembre passés a eu lieu à Barcelone le colloque La Sigillogafaia medieval a Catalunya i als territoris de la corona catalano-aragonesa en un context europeu pour célébrer les 100 ans de publication du deuxième volume de Sigillografia catalana. Inventari, descripio i estdui dels segells de Catalunya de Ferran de Sagarra i de Siscar (1853-1939). Les journées étaient pleines des présentations diverses sur la sigillographie et l’héraldique catalane – mais pas seulement. Des invités du monde entier se sont réunis pour discuter et réfléchir ensemble. C’était dans ce cadre que Laurent Hablot a présenté la base de données SIGILLA devant un public intéressé. Les échos étaient très positifs et nous sommes impatients à continuer le dialogue à Naples la semaine prochaine pour la deuxième partie du colloque !
Ce dimanche passé, notre antenne alsacienne SigiAl était à l’honneur dans la presse locale. Un journaliste, Philippe Wendling, a accompagné l’équipe et ses volontaires pour un atelier de saisie pour mieux comprendre et voir le travail. SigiAl a la particularité d’être un projet de sciences participatives. Un réseau de volontaires est formé à la sigillographie et à la saisie sur la base SIGILLA. Encadré et accompagné par des professeurs de l’Université de Strasbourg, le groupe a déjà numérisé et saisi plus de 6 000 empreintes ! Ces empreintes proviennent des archives municipales, départementales ou bien régionales. L’article montre bien la diversité de SigiAl.
Bravo à toute l’équipe, et continuez le bon travail !